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la crise d'un système

La « restructuration écologique » ne peut qu’aggraver la crise du système Source : blog Citizen Khane,citoyenactif

 

Les dirigeants de tous bords se foutent de nous quand ils réclament un encadrement rigoureux de la spéculation, car c’est tout le système qui, dans sa phase actuelle, a besoin de la spéculation et du crédit. Les causes les plus profondes de la crise actuelle ne sont à rechercher ni du côté de la spéculation, ni du côté de l’endettement. Les achoppements financiers récents : crise des subprimes, crise de la dette, krachs boursiers à répétition, rôle des agences de notation, menace de faillite des États…tout cela est avant tout l’expression d’une crise du capitalisme lui-même.

 

En effet, le capitalisme est confronté à une contradiction récurrente: d’un côté, il lui faut diminuer (ou en tout cas limiter) les salaires pour baisser les coûts de production et maintenir les profits. D’un autre, il faut que les consommateurs aient suffisamment de revenu pour acheter les marchandises produites.

 

 

Dossier d'été: l'austérité

 

 

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans les pays d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et au Japon, l’expansion rapide de l’économie permettait de contenir et repousser les effets négatifs de cette contradiction. On augmentait les salaires, mais on augmentait plus encore la production. On rendait marchands de nombreux secteurs qui ne l’étaient pas auparavant, comme aujourd’hui on est en train de le faire avec l’éducation, la santé ou la sécurité. On fournissait à coûts plus bas (par l’effet de l’industrialisation et de la massification) une foule de produits plus nombreux, et qui faisaient vivre les prolétaires tout en maintenant les bénéfices. Pour développer la production de cette manière, il fallait que la consommation envahisse la société entière, avec tout ce que cela signifie: publicité, manipulation du désir, production d’une foule de saloperies destinées à satisfaire des besoins socialement créés.

Par ailleurs, ce qui s’appelait alors le tiers-monde était maintenu sous une domination coloniale ou post-coloniale qui permettait d’en exploiter les matières premières.

 

Tout cela a changé depuis la crise des années 1970 et la restructuration du capitalisme qu’elle a provoquée. Les délocalisations d’industries et de services ont alors permis de baisser le coût du travail au niveau mondial. La consommation a été soutenue par le développement du crédit, qu’il s’agisse de dépense publique (et de dette publique) ou privée. Mais ce système est lui-même à bout de souffle, comme le montre la crise qui a commencé en 2007. Le krach de 2008 n’a pu être rattrapé qu’au moyen d’une expansion massive de l’endettement étatique. Le montant de cette dette, désormais impossible à rembourser, est l’expression concrète de cette impasse. La crise de la dette publique en Europe et les perspectives de défaut de la Grèce, désormais bien réelles, en sont la preuve. Ce n’est pas la finance qui est la cause de la crise, la finance est au contraire ce qui a permis à la crise provoquée par la contradiction récurrente du capitalisme d’éclater aussi tard.

 

Celle-ci frappe actuellement les États sous la forme d’une crise budgétaire et de divers programmes d’austérité. Partout en Europe, on nous explique que nous vivons au-dessus de nos moyens, qu’il va falloir travailler plus et se serrer la ceinture. Face à cette situation beaucoup se retournent vers l’État comme ce qui permettrait d’imposer des limites aux « dérèglements du marché ».

 

« Avec plus d’État pour encadrer la finance, nous pourrons construire une économie plus sociale et plus prospère.» Mais le discours antilibéral se heurte à une évidence[1] : l’État n’est pas ce qui s’oppose à la sphère de l’économie, il est dans un rapport de totale interdépendance avec l’économie. La raison en est simple: il doit se servir de l’argent pour financer ses projets. Lorsque l’économie commence à ralentir, elle limite et étouffe son action. Avec la diminution de ses moyens financiers, l’Etat se réduit à la gestion toujours plus répressive de la pauvreté.

 

Concrètement aujourd’hui les États n’ont le choix qu’entre deux politiques : austérité draconienne ou création monétaire, c’est-à-dire recours à la planche à billets. La première mène à la récession violente, la seconde à l’explosion d’une inflation incontrôlable.

 

L'exercice budgétaire américain 2014 commençait cette nuit, à minuit (heure locale). Qui dit nouvel exercice budgétaire dit budget. Or le Congrès n'est pas parvenu à approuver celui proposé par la Maison Blanche.

Au coeur des discussions, cristallisant l'opposition entre républicains et démocrates, la réforme du système santé instaurée par Barack Obama (Obamacare) en 2010. Une réforme qui continue de créer des vagues alors, qu'à partir d'aujourd'hui, il sera ouvert à des millions d'Américains jusque-là privés d'assurance-maladie

 

Le gouvernement fédéral américain — le plus grand employeur du pays — s’apprête à éteindre les lumières.

CNN nous en apprend un peu plus :

 

"Un shutdown du gouvernement coûterait à une économie américaine encore fragile environ 1 000 milliards de dollars par semaine — à cause des salaires perdus par les salariés fédéraux mis à pied. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg".

 

"Pour commencer, il y a les 800 000 employés fédéraux environ qui seront au chômage technique. C’est à peu près le nombre de travailleurs employés par toutes les lignes d’assemblage automobiles et usines de pièces automobiles du pays".

 

"Cependant, selon les économistes, l’impact ne proviendra pas uniquement de ces salaires perdus, mais aussi des entreprises liées qui réduiront ou arrêteront leur activité. Cela mènera à un recul des dépenses de la part des employés des entreprises affectées".

 

"Il y a ensuite l’augmentation de l’incertitude, qui pèse sur les investissements et perturbe les marchés financiers".

 

"L’impact économique total sera probablement au moins 10 fois supérieur au simple calcul des salaires perdus par les employés fédéraux, déclare Brian Kessler, économiste chez Moody’s Analytics. Sa société estime qu’un shutdown de trois à quatre semaines coûtera environ 55 milliards de dollars à l’économie".

Nous développons une manière plus propre et plus simple de comprendre l’économie politique.

 

Entre la Chambre des représentants (à majorité républicaine) et le Sénat (démocrate), c'est la guerre depuis plus de deux ans.

Un conflit qui a aujourd'hui franchi une étape supplémentaire. En conséquence de l'absence de consensus au Congrès, le gouvernement américain a dû se résigner à se placer en situation de shutdown, à savoir la mise au chômage technique de plus de 800 000 fonctionnaires. Sont concernés les postes considérés comme "non indispensables "(les fonctions régaliennes -- justice, sécurité -- ainsi que la santé sont en très grande partie préservés).

La logique des néoconservateurs :

"Le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins", a dit Thomas Jefferson. I M.

 

Le sénateur texan Ted Cruz, leader du Tea Party (qui forme l’aile droite la plus ultra-libérale du camp républicain) eut remercié ses auditeurs dans une salle du Congrès US devenue clairsemée. ( 22 heures non-stop et, paraît-il, prononcé pratiquement sans la moindre note et encore moins de prompteur).
 

Derrière l’apparente absurdité de l’exercice se cache une manoeuvre d’obstruction au travail parlementaire pleinement assumée. Car il ne reste que jusqu’à lundi soir minuit (6h du matin à Paris mardi) pour examiner toutes les propositions et amendements au projet de budget 2014. Les 22 heures perdues risquent de conduire les centaines de tractations en cours vers une impasse.

 

M. Ted Cruz a parfaitement exploité une des disposions du règlement régissant les débats au Congrès, qui postule l’impossibilité d’interrompre l’orateur tant que celui-ci n’a pas indiqué clairement qu’il en avait terminé avec son intervention.

La lecture de la Bible durant des heures — et même des jours — en guise de contribution à la vie politique est parfaitement légale au Congrès américains… Même si un indélicat coupait le micro puis la lumière et déclenchait l’alarme incendie, les débats reprendraient dès le lendemain là où ils s’étaient arrêtés.

 

▪ Ted Cruz/Ben Bernanke, des points communs


Le sénateur texan n’est pas le seul à pratiquer l’art de faire perdre son temps à ses collègues. La Fed a fait perdre un temps inouï à l’économie réelle en imprimant de la fausse monnaie qui ne profite qu’aux brasseurs d’argent avec lesquelles elle collabore.

 

Le QE3 ne fonctionne pas, l’activité reste moribonde, il y a chaque jours plusieurs milliers d’Américains qui renoncent à chercher du travail… mais impossible d’interrompre Ben Bernanke dans son élan.

 

Personne à Washington n’en a le pouvoir… et personne à Wall Street ne le souhaite. Les faiseurs d’opinion ressassent en boucle les motifs de prolonger les injections à pleine vapeur, ce qui incite la Fed à repousser sans cesse la perspective d’une hausse des taux.

Et si le chômage ne se résorbe pas, ce n’est pas de la faute de la Fed ou de Wall Street… c’est simplement parce que les entreprises déploient des trésors d’ingéniosité pour accroître leur productivité.

 

Les machines et les logiciels effectuent un travail de plus en plus efficace avec toujours moins de salariés : cela va dans le sens de l’histoire du sytème capitaliste .

 

Fiscal cliff, le retour
Tout a basculé en début d’après-midi avec le surgissement d’une thématique qui a laissé de mauvais souvenirs. Les débats au Congrès ont pris beaucoup de retard — vous en connaissez la cause… et faute d’accord budgétaire d’ici lundi soir minuit, le gouvernement américain risque un shut down (fermeture partielle de certaines administrations).

 

C’est ce qui constitue l’alternative au défaut de paiement. Plutôt que de relancer l'économie, le gouvernement coupe certaines dépenses, notamment en mettant au chômage technique certaines catégories de fonctionnaires jugées “non-indispensables”.

 

la crise d'un système En ce qui concerne le non-paiement des retraites (également une lourde charge pour l’Etat américain), cette ablation budgétaire — apparemment indolore — est déjà pratiquée depuis le milieu de l’été pour le plus grand soulagement de Wall Street.

 

Mais voilà que ressurgit le spectre d’un ersatz de fiscal cliff comme fin 2012… avec de nouvelles coupes budgétaires automatiques qui porteraient, d’après les rumeurs, sur 11 ou 12 milliards de dollars par an.

 

A l’échelle des 1 000 milliards par an du QE3, c’est une goutte d’eau — cela ne devrait même pas constituer un sujet de conversation. .

 

Le chômage s’accroît et la misère comme la barbarie risquent de se répandre de manière dramatique, peut-être entrecoupées par quelques phases de relance. Alors à quoi servent ces considérations désabusées? A quoi sert de marteler que la crise qui a commencé en 2008 risque bien de s’approfondir? Pourquoi s’en réjouir alors que nous risquons d’en subir les conséquences et d’être les premiers touchés? Et ce d’autant plus que le capitalisme a montré jusqu’à présent qu’il pouvait surmonter ses crises. Voire même qu’il était un système en état de « crise permanente ».

 

En fait, il n’y a pas de contradiction fondamentale entre le fait de dire qu’il y a bien approfondissement de la crise ces dernières années et que le capitalisme est d’une certaine façon une crise permanente : la crise peut être analysée à la fois comme un mode de fonctionnement ordinaire du capitalisme et comme une remise en cause potentielle de sa propre existence. Le capitalisme est ce jeu qui inclut sa contradiction dans sa propre règle, et qui donc pourrait tendre à son abolition, mais la réalité c’est que c’est à la lutte des classes, c’est à nous de le faire.

 

La crise actuelle pourrait bien sûr être résolue par des moyens déjà utilisés historiquement par ce système dans des contextes comparables: guerre(s), destruction massive des moyens de production et de la force de travail. Elle pourrait aussi durer longtemps dans un processus continu d’appauvrissement pour la plupart d’entre nous, secoué par des explosions sans issue, voire des conflits de tous contre tous (concurrence entre groupes, racisme…).

 

Mais on peut aussi penser que, pendant une crise grave prolongée, les automatismes sociaux, les habitudes, s’affaiblissent et disparaissent. Beaucoup de personnes pourraient remettre en question ce qu’elles considéraient auparavant comme naturel, inévitable. Et c’est bien pour cela que les crises sont potentiellement des moments de remise en cause du capitalisme.

 

Alors pourquoi cette analyse, qui est à peu près la seule à se trouver confirmée aujourd’hui par la crise récente, suscite-t-elle si peu d’attention? Pourquoi est-il si difficile d’admettre aujourd’hui que notre système est à bout de souffle? Avant tout parce que personne ne peut vraiment imaginer la fin du capitalisme. L’idée même suscite une peur panique. Tout le monde pense qu’il a trop peu d’argent, mais chacun se sent menacé. Or, c’est bien l’argent mais aussi la marchandise, le travail, la propriété et l’État, qu’il faut attaquer.

 

La disparition de cette société représente un tel bouleversement qu’on ne l’envisage pas nécessairement avec légèreté. Mais nous ne sommes pas condamnés à tenter de sauver l’économie qui chancelle et nous écrase. Nous pouvons contribuer à sa disparition. Pas pour le néant, mais pour un monde sans État et sans classes, un monde pour toutes et tous, sans exploitation ni domination.

_________________________

[1] Les antilibéraux rêvent de retourner à un Etat qui les protègerait du capitalisme alors même que la fonction de l’État est d’assurer son bon fonctionnement. Dans ces conditions leur politique aboutit simplement à des formes nouvelles de patriotisme économique, des mesures plus ou moins protectionnistes pour essayer d’empêcher les délocalisations, voire carrément au nationalisme.

 

 

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Collectif de la Revue Internationale Sur la Crise – Paris

 

Posted in Texts | Tagged Crise, finance, lutte des classes, Paris, Pourquoi parler de crise ?, RISC | Leave a comment

 

Le Shutdown américain  - blog citoyenactif

 

Le néo-libéralisme, stade suprême - Hussonet - Free , Le néolibéralisme, stade suprême ? - Cairn.info , LE NÉOLIBÉRALISME, STADE SUPRÊME ? : citoyen actif



02/10/2013
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